La poupée de Kafka – Fabrice Colin

Poupée kafka

Au cours d’un séjour à Berlin, la jeune Julie Spieler, en quête d’une improbable réconciliation avec son père, Abel – séducteur impénitent, époux volage, menteur invétéré et professeur de littérature allemande à la Sorbonne -, débusque la récipiendaire putative de textes inédits de Kafka, écrivain qui fait l’objet d’une folle idolâtrie de la part de son inconséquent géniteur. La jeune fille entame alors de difficiles tentatives d’approche auprès de cette vieille dame particulièrement revêche qui porte en elle toute la mémoire d’un siècle traversé de guerres, d’exils et d’horreurs. L’été suivant, contre toute attente, ces trois personnages se retrouvent dans un chalet, face au mont Blanc, pour dénouer les nœuds et secrets obscurs dont chacun a tressé sa vie. De Paris à Berlin en passant par Prague, sous l’éternel regard de l’iconique Kafka ou dans l’inquiétante ombre portée d’une impériale montagne, le roman fait se rencontrer les vivants et tous les spectres qui les hantent sur une scène où les protagonistes se débattent comme pour échapper au cruel sortilège qu’ils ont eux-mêmes concouru à forger. Convoquant une structure narrative limpide où le réalisme le dispute aux images mouvantes et la gravité à un humour féroce, Fabrice Colin mène ici une superbe enquête romanesque sur les liens qui nous lient et nous délient au fil d’une libératrice traversée des apparences.

Fabrice Colin est écrivain mais aussi éditeur. C’est en allant à la présentation du dernier ouvrage de Pacôme Thiellement, Cinéma Hermetica aux Editions Super 8 à la librairie Le Monte en l’air que j’ai fait sa connaissance le jour de la sortie de son livre. J’avais eu l’occasion de converser avec lui via Facebook et j’ai retrouvé la même personne aussi gentille et agréable en vrai. J’ai grandement apprécié sa dédicace sur mon livre qui n’en devient que plus précieux.

Une fois qu’on a plongé dans l’histoire de cette poupée, il est difficile d’en ressortir. On a envie de le lire d’une traite, et de savoir enfin si les relations entre les trois personnages vont enfin se dénouer. Il y a beaucoup d’émotions et de bienveillance qui se dégagent tout au long de la lecture. C’est très bien écrit, c’est fluide, le rythme d’écriture c’est comme une chanson douce. Il y a une toute petite anecdote dans le livre qui fait allusion à la chanson « Heroes » de David Bowie et qui m’a fait penser à une scène du film « The perks of being a wallflower », et ça m’a rappelé de chouettes souvenirs et ô combien j’aime cette chanson et ses paroles.  Abel Spieler m’a plu. Pas au point d’en tomber amoureuse comme une de ses étudiantes (je dois avoir passé l’âge c’est pour ça …) mais j’aime ce côté mystérieux et intellectuel, sa quête de toute une vie qu’est cette fameuse poupée de Kafka. Quant à Julie, je n’ai pas réussi à me trouver proche d’elle, elle ne m’a pas déplu mais je n’ai pas réussi à avoir de l’empathie pour son personnage. Le passé de Else m’a fait monter les larmes aux yeux et malgré tout, je l’ai trouvée très attachante. A la fin du livre, on n’a qu’une envie : la serrer très fort dans nos bras.

La poupée de Kafka m’a donné envie de retourner à Prague et à Berlin, deux capitales que j’ai beaucoup aimées.

Reading Challenge 2016 : a book set in Europe ; a book that is published in 2016.

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