Papa

J’ai écrit ce texte il y a plus d’un an maintenant. A la base c’était pour participer au projet de l’auteur Fabrice Colin (http://fabrice-colin.over-blog.com/article-vers-chez-les-morts-121960580.html), ça n’a pas été retenu (et ce n’est pas étonnant) mais ça m’a fait du bien de l’écrire. Je voulais garder une trace malgré tout, même si relire ces quelques lignes me font venir les larmes aux yeux.

Tout a commencé en mars 2000 je crois, nous venions préparer notre mariage, la dernière ligne droite. Et là sur le quai de la gare, ce n’est pas toi, papa, qui vient nous chercher mais maman.

Tu es à l’hôpital, tu as fait un accident ischémique transitoire, plus tard nous apprendrons que tu as une tumeur au cerveau, nous ne le savons pas encore, mais il ne te reste que huit années à vivre.Et puis début 2007, le verdict tombe, la tumeur est devenue grosse comme une mandarine, tout se met en place la radiothérapie, la chimiothérapie. Maman refuse que tu finisses tes jours à l’hôpital, tu seras donc hospitalisé à domicile.Je viendrai te voir régulièrement, je m’enfermerai dans les toilettes pour pleurer, je dois être forte et ne surtout pas montrer que je suis terriblement triste.
Je ne pensais pas qu’un jour je te donnerais à manger à la petite cuillère ni que je te ferais la lecture. Je ne pensais pas non plus que je te donnerais des chocolats en cachette … On a malgré tout eu des moments de complicité pendant ta maladie.

Et le 3 juillet 2008, tu es mort en tenant la main de maman, comme ça, d’un coup tu as arrêté de respirer. Même si je savais que ce jour allait arriver, on n’est jamais vraiment prêts au final.
Je ne t’ai pas vu sur ton lit de mort mais je suis allée te voir à la chambre mortuaire, une fois que les pompes funèbres avaient effectué leur travail.

Le choc émotionnel de ton décès a provoqué une fausse couche mais presque 6 ans plus tard, tu as deux magnifiques petit fils, Camille et Gabriel. Camille est un petit garçon curieux et intelligent, tu aurais eu tant de choses à lui faire découvrir et à lui apprendre. Gabriel te ressemble tellement physiquement… Est ce qu’il sera aussi gentil et impétueux que toi ? Je le souhaite.

On ne peut pas dire que j’ai réussi ma vie professionnelle, je ne rédigerai jamais cette thèse, je suis maman au foyer, mais je fais de mon mieux pour avoir deux petits garçons équilibrés et heureux. On parle souvent de toi, Papi Barbu et il n’y a pas une journée qui passe sans qu’une odeur ou une chanson ne viennent me rappeler à ton souvenir. Tu me manques terriblement.

Une dernière chose, je ne te l’ai jamais dit, mais je t’aime. Très fort.

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2 réflexions sur “Papa

  1. C’est un joli texte, très poignant, qui m’a serré le coeur et fait monter les larmes aux yeux… J’ai la chance d’avoir encore mes parents et deux de mes grands-parents, mais je me doute que c’est le genre de moments dont on a du mal à se remettre.

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  2. J’imagine que te relire te fais monter les larmes aux yeux: moi-même en te lisant j’ai senti ce pincement au coeur. C’est un bel hommage que tu as écrit là.

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